Énergie
Passoires thermiques en Île-de-France : Paris plus touché que la grande couronne
12,1 % des logements diagnostiqués depuis 2021 en Île-de-France sont classés F ou G, contre 18,1 % à Paris et 7,8 % en Essonne. Le point par département, par arrondissement et par commune, à partir de 3,26 millions de DPE.

Depuis juillet 2021, 3 259 877 diagnostics de performance énergétique (DPE) ont été réalisés sur des appartements et des maisons d'Île-de-France, selon les données de l'ADEME arrêtées au 30 septembre 2026. Au total, 12,1 % des logements diagnostiqués sont classés F ou G, les « passoires thermiques » : 7,5 % en F et 4,6 % en G. C'est plus que la moyenne nationale (9,8 %). À l'autre bout de l'échelle, seuls 3,3 % des logements obtiennent A ou B ; la majorité se répartit entre C (33,6 %) et D (31,6 %).
Ces chiffres portent sur les logements qui ont fait l'objet d'un DPE à l'occasion d'une vente, d'une location ou de travaux : ce n'est pas un recensement de tout le parc.
Paris, un cas à part
| Département | DPE réalisés | Classés F ou G | dont G |
|---|---|---|---|
| Paris | 831 075 | 18,1 % | 7,0 % |
| Hauts-de-Seine | 483 490 | 12,5 % | 4,7 % |
| Val-de-Marne | 391 610 | 10,8 % | 3,9 % |
| Yvelines | 329 734 | 10,1 % | 3,6 % |
| Seine-Saint-Denis | 401 751 | 9,3 % | 3,6 % |
| Seine-et-Marne | 268 931 | 9,1 % | 3,5 % |
| Val-d'Oise | 262 268 | 9,0 % | 3,5 % |
| Essonne | 291 018 | 7,8 % | 2,8 % |
Près d'un logement diagnostiqué sur cinq est une passoire thermique à Paris, plus de deux fois plus qu'en Essonne. La capitale cumule un bâti ancien et une forte proportion de petites surfaces, deux caractéristiques qui pèsent sur l'étiquette. Depuis le 1er juillet 2024, les seuils du DPE ont d'ailleurs été ajustés pour les logements de moins de 40 m², qui étaient jusque-là pénalisés par la méthode de calcul.
Les arrondissements les plus prestigieux, les plus mal classés
Les écarts sont forts d'un arrondissement à l'autre. Les plus fortes proportions de logements F ou G se trouvent dans le 6e (26,3 %), le 7e (24,7 %), le 8e (24,2 %), le 5e et le 16e (24,0 % chacun), où domine l'immobilier haussmannien et plus ancien. À l'inverse, le 13e (11,0 %), le 19e (11,3 %) et le 20e (12,5 %), qui comptent davantage d'immeubles construits après-guerre, sont les mieux placés.
Les maisons de la petite couronne, en première ligne
Partout, les maisons sont plus souvent mal classées que les appartements : 21,2 % d'entre elles sont en F ou G dans la région, contre 11,0 % des appartements. La proportion approche 30 % dans la petite couronne, où les pavillons sont souvent anciens : 30,9 % dans les Hauts-de-Seine, 29,9 % en Seine-Saint-Denis et 27,7 % dans le Val-de-Marne. En grande couronne, elle se situe entre 17 et 21 %.
Les villes nouvelles en tête des bons élèves
Parmi les communes qui comptent au moins 1 000 DPE, les proportions de passoires les plus faibles se trouvent dans les quartiers récents des villes nouvelles : Bussy-Saint-Georges (0,2 %), Serris (0,3 %), Bailly-Romainvilliers (0,4 %), Lieusaint (0,5 %), Lognes et Montigny-le-Bretonneux (0,6 % chacune). Les plus élevées concernent Champagne-sur-Seine (32,6 %), Saint-Mandé (25,5 %), Bois-Colombes (24,6 %), Colombes (24,2 %) et Le Vésinet (23,8 %).
Ce que cela change pour les propriétaires bailleurs
- Depuis le 1er janvier 2025, un logement classé G ne peut plus être proposé à un nouveau locataire ni voir son bail renouvelé. Les logements classés F seront concernés en 2028, puis les E en 2034.
- Dans les communes où les loyers sont encadrés (Paris, Plaine Commune, Est Ensemble), un logement F ou G ne peut pas faire l'objet d'un complément de loyer.
- Le projet de loi sur la relance du logement, adopté par le Sénat en juillet 2026 et en cours d'examen à l'Assemblée nationale, prévoit d'autoriser la remise en location de logements F ou G lorsque le propriétaire s'est engagé par contrat à faire des travaux. Le texte n'est pas définitif.
Le détail des étiquettes, commune par commune et par type de logement, figure sur la page consacrée au DPE.

